Marine Le Pen à Nice pour le 1er mai, réaction du président du Parti Niçois

Cette année, Marine Le Pen a décidé de « délocaliser » à Nice, la traditionnelle manifestation du 1er mai du Front National

logo pn nouveau 1Si initialement elle devait y honorer Jeanne d’Arc, elle rendra finalement hommage à la pucelle à Cannes. En effet, son entourage s’est peut-être rendu compte de l’incongruité   de rendre hommage à une héroïne française, dans une ville qui à l’époque de la pucelle d’Orléans n’était pas française (au moment de la naissance supposée de Jeanne d’Arc, Nice avait rejoint la Savoie depuis plus de deux décennies). Marine Le Pen l’honorera donc à Cannes de l’autre côté du Var…. ce qui est aussi incongru quand on y pense et démontre la méconnaissance de l’Histoire, car le comté de Provence était toujours un Etat indépendant à cette période. Jeanne d’Arc était une inconnue pour les Niçois comme pour les Provençaux.

Cependant, Marine Le Pen célébrera tout de même quelque chose à Nice, et cela interpelle bien plus, elle souhaite organiser une « fête des Nations » avec ses « alliés » européens…

Je resterai toujours étonné par l’incohérence de ce parti, siégeant au parlement européen et s’y trouvant des alliés alors que le programme phare du FN aux dernières présidentielles c’était la sortie de la France de l’UE et le retour au franc ! (un peu comme si j’étais candidat pour les élections régionales en PACA alors que je souhaite soustraire le pays niçois de la tutelle marseillaise). Mais le FN n’est plus à une incohérence près.

Finalement, en organisant cette « fête des nations » avec ses « alliés européens », Marine Le Pen a quand même « une vision » pour l’Europe : Et cette vision de l’Europe est à mille lieues de l’Europe que je voudrais voir qui est celle d’une Union Européenne des peuples réels, d’une Europe des Niçois, des Corses, des Catalans, des Ecossais et tant d’autres peuples partageants des valeurs et des racines communes qui ont fait la fierté de l’Europe et non sa honte….une autre Europe que celle actuellement régentée par l’ultra-libéralisme de Bruxelles ou que celle de l’ultra-nationalisme et du populisme souhaitée par le FN et de ses « alliées ».

« Fête des nations », ou plutôt, selon la vision du FN, une « fête des états-nations » artificiels devrait-on dire ! Des états-nations qui s’opposent aux peuples réels souvent niés quand ils ne sont pas violemment combattus …

Des états-nations niant toujours l’existence des peuples et de leurs spécificités comme en France, des états-nations usant de la brutalité pour empêcher un peuple de s’exprimer sur son avenir comme en Espagne…des états-nations se repliant sur eux-mêmes et enfermant avec eux l’aspiration des peuples à l’autodétermination : voilà l’Europe dont rêve Marine Le Pen, une Europe des nationalismes étatique, artificiellement créé au XIXe siècle et qui ont été responsables des torrents de sang déversés sur l’Europe au XXe siècle.

Un nationalisme synonyme de  populisme, d’impérialisme arriéré nostalgique d’un passé fantasmé qui est à mille lieues et même farouchement opposé, par exemple, au nationalisme corse ou catalan ne demandant rien d’autre que le droit d’exister.

Voilà donc ce qu’est véritablement la « fête des nations » de Marine Le Pen, une fête des « anti-peuples » une fête de « l’anti-droit à l’autodétermination ».

Et cerise sur le gâteau, venir fêter « les nations» à Nice, ce qui est une provocation en soit !

Nice qui a fait l’objet, entre deux nations, d’un marchandage abject déguisé sous la forme un plébiscite truqué en 1860 ! La première, en formation, l’Italie où Victor-Emmanuel II afin de construire « sa propre nation » n’hésita pas à trahir, non seulement 500 ans de fidélité des Niçois à sa dynastie (et faisant "cocu" Garibaldi au passage) mais trahit aussi ses propres ancêtres, qui depuis Amédée VII, avaient fait serment de ne jamais abandonner les Niçois ! La deuxième, la France avec Napoléon le petit (inventeur du mythe « nos ancêtres les gaulois » un des fondements de l’ultranationalisme franchouillard d’aujourd’hui) qui ne voyait rien d’autre en Nice qu’un outil pour concrétiser la théorie française « des frontières naturelles » en se servant des alpes niçoises (et alpes savoisiennes aussi) comme d’un rempart face à l’Italie naissante…

Venir célébrer une fête pareil à Nice ne peut être qu'une provocation lorsqu'elle est organisée par un parti tel le FN qui est l’ennemi déclaré des langues et cultures dites régionales que le FN considère comme du « communautarisme » (!), hostile à la charte européenne des langues régionales dont ce parti voit, dans sa vision ultra-jacobine délirante, « la balkanisation de la France » si elle était appliquée (rappelons que la France ne l’a toujours pas ratifié), hostile à toute forme d’autonomisme ou même simplement de régionalisme que ce parti considère comme une atteinte grave au mythe de « l’unité et de l’indivisibilité de la république » et dans le même temps les Le Pen père et fille ont toujours soutenu l’indépendance du Québec (comme certains de « ses alliés européens » qui initialement - tout de moins - étaient considérés comme des indépendantistes, mais nous ne sommes plus à une incohérence prête)

Je serai toujours farouchement opposé à ces gens-là, méprisant qui nous sommes et réécrivant notre histoire.

Je préfère, ce jour-là, protester contre ce parti ultra-jacobin, non pas dans la rue aux côtés d’autres jacobins (qui ne font que répéter en boucle le discours de la « diabolisation » qui ne marche plus aujourd’hui) mais en participant à nos traditions à Cimiez pour le premier jour de la fête des Mai, aux côtés des associations, artistes, personnalités et autres acteurs qui se battent tant bien que mal pour perpétuer notre culture en essayant de la sortir du folklore pour parisiens en safari dans lequel certains l’ont enfermée, quand d’autres n’essayent pas de la faire disparaître purement et simplement.

 

Julien LLINARES, président du Parti Niçois

 

Législatives 2017 : consigne de vote du Parti Niçois

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Pour ces élections législatives, le Parti Niçois appel à voter blanc.

En effet, pour les partis parisiens ratant la marche de l'Elysée ou même celle du second tour, les législatives françaises ne sont rien de plus qu’une « revanche » à prendre. Que ce soit les députés sortants ou les candidats rêvant de prendre leurs places, les programmes et discours sont exactement les mêmes puisque toutes ces personnes sortent du même moule jacobin. Les préoccupations locales ne passant qu’au second plan

Quant aux « petits candidats » beaucoup sont issues malheureusement de ce même moule, quand nous n’avons pas droit carrément à des candidatures « loufoques » relevant moins des convictions à défendre que de l’ego à flatter en voyant son visage et son nom placarder un peu partout.

Nous mettons en garde les Niçoises et les Niçois face à la tentation des populismes; notamment du FN qui en Pays Niçois est médiatiquement représenté par des personnages peu recommandables : certains en quête d’un fauteuil d’élu trahirent leurs électeurs et leurs colistiers, d’autres instrumentalisant notre identité en détournant et pervertissant nos symboles et nos héros, pour finalement tomber le masque de la « nissartude » et révéler le visage de l’ultranationalisme franchouillard, pierre angulaire du FN, fondamentalement hostile à toute forme de régionalisme, y compris la plus basique comme la défense des langues et cultures régionales vues comme du « communautarisme » !

Le Parti Niçois apporte son soutien aux candidatures régionalistes, autonomistes, indépendantistes qui en Alsace, Bretagne, Corse, Savoie, Catalogne du Nord, Pays Basque, Outre-Mer et ailleurs veulent faire valoir leurs droits légitimes et veulent porter une autre voix que celle du centralisme parisien !

 

Présidentielle 2017 : consigne du vote du Parti Niçois

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Le système électoral « démocratique » des présidentielles nous laissant comme toujours le choix entre plusieurs nuances de centralisme ; le Parti Niçois appelle à voter blanc*.

A tous ceux, sensibilisés à la sauvegarde des particularismes régionaux ou à la cause régionaliste ; nous les mettons en garde   face à la tentation des populismes qui sont les pires des jacobins.

Sachez-le : dans la sphère ultra-jacobine allant de Le Pen à Mélenchon en passant par Dupont-Aignan et autres Asselineau : la défense des langues et cultures régionales est vue comme une menace !

Sachez-le : pour le FN, par exemple, l’emploi du mot  « communautarisme » s’applique aussi aux défenseurs des langues régionales ! Dans l’esprit du FN : Bilinguisme et « Burkini » vont dans le même sac !

Sachez-le : la Charte européennes des langues régionales et minoritaires, seul traité permettant de protéger et favoriser nos langues est une cible des Le Pen, Mélenchon, Dupont-Aignan et autres Asselineau ! Cette Charte serait selon eux le «triomphe du communautarisme», instaurant la «balkanisation de la France» voire carrément une conspiration qui « disloquerait la France » rien que ça !

Sachez-le : la haine de toute forme de régionalisme est si grande que Marine Le Pen promet de purement et simplement « supprimer les régions et les intercommunalités» pour revenir à un jacobinisme des origines comme à la révolution :

Si pour les Niçois la disparition de la PACA ne changerai rien, cela aura de graves conséquences pour la Bretagne, la Corse ou encore le Pays Basque qui bénéfice de sa propre collectivité depuis le 1er janvier 2017 sous la forme d’une communauté d’agglomération. Supprimer les intercommunalités, notamment rurales, serait également préjudiciable pour les petites communes.

De telles suppressions ne feront qu’accentuer le sentiment d’injustice, de défiance envers Paris et d’entretenir dans certaines régions les velléités séparatistes tant critiquées par les jacobins, voir selon les degrés d’exaspération, à un retour du séparatisme clandestin et armé !

En réalité, l’opposition farouche des partis parisiens, surtout des extrêmes, à la défense des langues régionales ou à toutes formes de régionalisme n’a pas pour but de « défendre l’unité de la république », mais a pour but de maintenir leur propre pouvoir sur « la province » par le maintien de ce centralisme forcément antidémocratique. S’il est indéniable que la France que l’on connaît s’est construite autour de ce centralisme parisien, rien ne l’oblige à continuer sur cette voie. Ce ne sera ni le régionalisme, ni le fédéralisme ni même le séparatisme qui emmènera le pays vers sa dissolution ; mais l’obstination de quelques-uns, parmi lesquels les candidats déclarés « antisystèmes » ou « révolutionnaires », à vouloir conserver un système archaïque et à bout de souffle pour leur propre intérêt.

*Pour voter blanc nous rappelons qu’il suffit de ne glisser aucun bulletin dans l'enveloppe, donc la laisser vide, ou de glisser un bulletin vierge du même format que les bulletins officiels dans l’enveloppe.